20 ou 25 ans : la réponse en chiffres

Emprunter 250 000 € sur 25 ans plutôt que sur 20 ans baisse votre mensualité de 191 € (1 245 € au lieu de 1 436 €), mais vous coûte 28 866 € d'intérêts en plus, aux taux moyens de septembre 2026 relevés par Crédit Logement : 3,39 % sur 20 ans et 3,45 % sur 25 ans.

Ces cinq années supplémentaires achètent donc deux choses : une mensualité plus légère et, surtout, une capacité d'emprunt plus élevée d'environ 15 %. Elles se paient par un coût total nettement supérieur et par un capital remboursé beaucoup plus lentement, ce qui pèse si vous revendez avant le terme. Le bon choix dépend moins du taux que de trois questions : la mensualité sur 20 ans passe-t-elle sous la barre des 35 % d'endettement, combien de temps comptez-vous garder le bien, et que feriez-vous des 191 € économisés chaque mois ?

L'essentiel : sur 250 000 €, les 5 ans de plus coûtent 28 866 € d'intérêts, dont 26 464 € viennent de la durée elle-même et seulement 2 402 € de l'écart de taux (0,06 point). Choisissez 25 ans si c'est la condition pour acheter, 20 ans si votre budget le permet sans vous étrangler.

Méthode : tous les calculs de cet article reposent sur un prêt amortissable à taux fixe et mensualités constantes, hors assurance sauf mention contraire, arrondis à l'euro. Les taux utilisés sont ceux de l'Observatoire Crédit Logement/CSA pour septembre 2026, publiés le 14 octobre 2026, et les barèmes de courtiers d'octobre 2026 pour la variante « taux du moment ».

Quels taux sur 20 et 25 ans en novembre 2026 ?

En septembre 2026, le taux moyen des crédits immobiliers s'établissait à 3,40 % toutes durées confondues, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. L'écart entre 20 et 25 ans reste très faible : 0,06 point en moyenne, et 0,04 point pour les meilleurs dossiers. Les banques ne font presque plus payer la durée par le taux, elles la font payer par le temps.

Profil d'emprunteur (Crédit Logement, septembre 2026)15 ans20 ans25 ans
Meilleurs dossiers (1er groupe)2,86 %3,03 %3,07 %
2e groupe3,16 %3,30 %3,36 %
3e groupe3,31 %3,48 %3,53 %
Dossiers les plus fragiles (4e groupe)3,53 %3,75 %3,82 %
Moyenne3,21 %3,39 %3,45 %
Rappel : moyenne de juin 20263,12 %3,22 %3,30 %

La tendance est à la hausse. Entre juin et septembre 2026, le taux moyen sur 20 ans a pris 17 centièmes et celui sur 25 ans 15 centièmes. Le mouvement s'est accéléré en octobre : le taux de l'OAT à 10 ans, qui sert de référence au coût de financement des banques, a franchi 5 % le 21 octobre 2026, une première depuis 2002. Les barèmes de courtiers publiés en octobre se situent déjà au-dessus des moyennes de septembre : 3,73 % sur 20 ans et 3,79 % sur 25 ans pour le « taux du marché » d'Empruntis (12 octobre), 3,87 % et 4,01 % pour le « bon taux » de Meilleurtaux (barème du 26 octobre).

Dernier repère réglementaire : le taux d'usure, qui plafonne le TAEG (assurance et frais compris), est fixé depuis le 1er octobre 2026 par la Banque de France à 4,68 % pour les prêts de 10 à moins de 20 ans, et à 5,40 % pour ceux de 20 ans et plus. Un prêt de 20 ans tout rond relève donc déjà de la seconde catégorie.

Combien coûtent 5 ans de plus selon le montant emprunté ?

Le surcoût de la durée est proportionnel au capital : environ 11,5 % du montant emprunté aux taux moyens de septembre 2026. Le tableau ci-dessous donne, pour cinq montants courants, la mensualité hors assurance et le total des intérêts sur 20 ans (3,39 %) et sur 25 ans (3,45 %).

Capital empruntéMensualité 20 ansMensualité 25 ansIntérêts 20 ansIntérêts 25 ansSurcoût des 5 ans
150 000 €861 €747 €56 756 €74 076 €17 319 €
200 000 €1 149 €996 €75 675 €98 768 €23 092 €
250 000 €1 436 €1 245 €94 594 €123 460 €28 866 €
300 000 €1 723 €1 494 €113 513 €148 151 €34 639 €
350 000 €2 010 €1 743 €132 432 €172 843 €40 412 €

Aux barèmes d'octobre, plus élevés, l'écart se creuse. Pour 250 000 €, le « taux du marché » d'Empruntis (3,73 % et 3,79 %) donne 1 480 € par mois sur 20 ans contre 1 291 € sur 25 ans, et un surcoût de 32 124 €. Avec le « bon taux » de Meilleurtaux (3,87 % et 4,01 %), le surcoût atteint 36 801 €. À l'inverse, un dossier du 1er groupe de Crédit Logement (3,03 % et 3,07 %) ne paie « que » 24 735 € de plus. Pour tester votre propre montant, votre taux et votre durée, le simulateur de prêt immobilier calcule la mensualité, le coût total et le tableau d'amortissement complet.

Pourquoi le surcoût est si élevé alors que les taux sont presque identiques

Faisons l'expérience : si la banque vous prêtait 250 000 € sur 25 ans au même taux que sur 20 ans, 3,39 %, vous paieriez encore 121 058 € d'intérêts, soit 26 464 € de plus que sur 20 ans. La durée explique donc à elle seule 92 % du surcoût ; l'écart de taux, seulement 2 402 €.

La raison tient au mode de calcul. Chaque mois, les intérêts portent sur le capital restant dû. Or, avec une mensualité plus faible, vous remboursez moins de capital au début, si bien que la dette reste plus élevée plus longtemps et produit des intérêts sur une base plus large. Le tableau suivant montre le capital restant dû sur 250 000 € empruntés.

Après…Prêt sur 20 ans (3,39 %)Prêt sur 25 ans (3,45 %)Dette supplémentaire
5 ans202 371 €215 601 €13 230 €
10 ans145 958 €174 735 €28 777 €
15 ans79 140 €126 188 €47 048 €
20 ans0 €68 515 €68 515 €

Au bout de dix ans, l'emprunteur sur 25 ans doit encore 70 % de la somme empruntée, contre 58 % pour celui qui a choisi 20 ans. C'est ce décalage qui coûte cher, bien plus que les quelques centièmes de taux.

Combien pouvez-vous emprunter en plus sur 25 ans ?

C'est le vrai argument des 25 ans. Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) impose depuis le 1er janvier 2022 deux limites aux banques : un taux d'effort de 35 % des revenus au maximum, assurance comprise, et une durée de 25 ans au maximum. À mensualité égale, allonger la durée de 20 à 25 ans augmente le capital empruntable d'environ 15 %.

Le tableau suit un emprunteur de 35 ans assuré à 0,13 % du capital par an, un taux médian pour un non-fumeur de cet âge selon Meilleurtaux. La mensualité maximale correspond à 35 % du revenu net mensuel du ménage, sans autre crédit en cours.

Revenus nets du ménageMensualité maximale (35 %)Capital empruntable sur 20 ansCapital empruntable sur 25 ansGain de capacité
3 000 €1 050 €179 439 €206 376 €+26 937 €
3 500 €1 225 €209 346 €240 772 €+31 427 €
4 500 €1 575 €269 159 €309 564 €+40 406 €
6 000 €2 100 €358 878 €412 753 €+53 874 €

Pour un couple à 3 500 € nets, les cinq années de plus représentent environ 31 000 € de budget supplémentaire, soit quelques mètres carrés ou la différence entre un achat possible et un refus. C'est pourquoi le marché a massivement basculé vers les durées longues : au 3e trimestre 2026, 49,8 % des prêts accordés avaient une durée de 25 ans ou plus (différé compris), selon Crédit Logement, et la durée moyenne atteignait 252 mois, soit 21 ans.

  • Exception des 27 ans : le HCSF autorise jusqu'à 27 ans de durée totale, dont 25 ans d'amortissement au maximum, pour un achat sur plan (VEFA), une construction, ou un achat dans l'ancien avec des travaux représentant au moins 10 % du coût total de l'opération.
  • Marge de flexibilité : les banques peuvent déroger aux critères pour 20 % de leur production trimestrielle, dont au moins 70 % réservés aux résidences principales et 30 % aux primo-accédants.

Pour savoir où vous vous situez, le simulateur de capacité d'emprunt applique directement la règle des 35 %.

L'assurance emprunteur alourdit la facture des années en plus

Les chiffres précédents sont hors assurance. Or l'assurance se paie chaque mois de la durée du prêt, et cinq ans de plus, ce sont 60 primes supplémentaires. Sur 250 000 € avec une cotisation calculée sur le capital initial, l'écart dépend fortement de l'âge :

Âge de l'emprunteur (taux indicatif)Prime mensuelleCoût total sur 20 ansCoût total sur 25 ansSurcoût
35 ans (0,13 %)27 €6 500 €8 125 €1 625 €
55 ans (0,47 %)98 €23 500 €29 375 €5 875 €

Pour un emprunteur de 55 ans, la durée de 25 ans pose un second problème : le TAEG. Avec un taux nominal de 4,01 % et une assurance à 0,47 %, le TAEG atteint environ 4,71 % ; avec un contrat groupe bancaire facturé 0,62 %, le tarif relevé par Reassurez-moi pour les plus de 60 ans, il approche 4,92 %. On reste sous l'usure de 5,40 %, mais la marge fond. Et un prêt de 25 ans souscrit à 55 ans court jusqu'à 80 ans, bien au-delà de l'âge de la retraite.

Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, vous pouvez changer d'assurance à tout moment, et aucun questionnaire de santé n'est exigé si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et si le prêt se termine avant vos 60 ans. Sur 25 ans, ce second critère exclut tout emprunteur de plus de 35 ans. Notre article sur le changement d'assurance emprunteur détaille les économies possibles.

Si vous revendez avant la fin du prêt : le piège du capital remboursé

Peu de crédits vont à leur terme : on revend pour déménager, s'agrandir ou se séparer. Dans ce cas, ce qui compte n'est pas le coût total théorique mais le capital déjà remboursé au moment de la vente, c'est-à-dire la part du bien qui vous appartient vraiment.

Reprenons nos 250 000 € et supposons une revente au bout de 10 ans, à prix inchangé :

  1. Prêt sur 20 ans : vous avez versé 172 297 € de mensualités (120 × 1 436 €). Sur cette somme, 104 042 € ont remboursé du capital et 68 255 € sont partis en intérêts.
  2. Prêt sur 25 ans : vous avez versé 149 384 € (120 × 1 245 €). Seuls 75 265 € ont remboursé du capital, et 74 119 € sont partis en intérêts.
  3. Bilan : sur 25 ans, vous avez payé 22 913 € de moins en mensualités, mais vous récupérez 28 777 € de moins à la vente, puisque la banque doit encore 174 735 € contre 145 958 €. La différence, 5 864 €, correspond aux intérêts supplémentaires des dix premières années.

À cela s'ajoutent les indemnités de remboursement anticipé, sauf si votre contrat les supprime : elles sont plafonnées par l'article R313-25 du Code de la consommation à six mois d'intérêts sur le capital remboursé, sans dépasser 3 % du capital restant dû. Sur 174 735 € à 3,45 %, six mois d'intérêts représentent 3 014 €, moins que 3 % du capital restant dû (5 242 €) : c'est donc 3 014 € au maximum. La loi les supprime en cas de vente consécutive à une mutation professionnelle, à un décès ou à une cessation forcée d'activité.

L'essentiel : si vous pensez revendre dans les dix ans, chaque année de durée en plus réduit l'apport que vous récupérerez pour l'achat suivant. Les 191 € de mensualité économisés ne sont pas « gagnés » : une partie sert à payer plus d'intérêts.

Emprunter sur 25 ans et placer la différence : le calcul complet

C'est l'argument classique en faveur de la durée longue : prendre 25 ans, placer chaque mois les 191 € d'écart, puis solder le prêt avec le placement. Le calcul est simple à poser. Au bout de 20 ans, l'emprunteur sur 20 ans ne doit plus rien. Celui sur 25 ans doit encore 68 515 €, plus 1 182 € d'indemnités de remboursement anticipé (six mois d'intérêts), soit 69 696 € à trouver.

Rendement annuel net du placement191 € par mois pendant 20 ans deviennent…Dette à solderRésultat
2 % (proche du Livret A)56 181 €69 696 €-13 515 €
4 %69 473 €69 696 €-223 €
6 %86 581 €69 696 €+16 885 €

Le point d'équilibre se situe à 4,03 % de rendement annuel net de frais et d'impôts. En dessous, la durée longue vous appauvrit ; au-dessus, elle vous enrichit. Avec le Livret A à 1,7 % depuis le 1er août 2026, le pari est perdant d'avance. Avec un ETF actions logé dans un PEA, le rendement historique dépasse ce seuil sur longue période, mais rien ne le garantit et vous supportez le risque d'une baisse au mauvais moment. Vous pouvez faire varier le taux et la durée avec le simulateur d'intérêts composés.

Deux conditions pratiques décident du résultat bien plus que le calcul : verser réellement les 191 € chaque mois pendant 20 ans, sans les dépenser, et accepter de voir ce placement fluctuer alors que la dette, elle, ne baisse pas avec les marchés. Notre comparatif rembourser son crédit par anticipation ou placer pose le même arbitrage dans l'autre sens.

Modulation et remboursement anticipé : les clauses qui changent le calcul

Le choix entre 20 et 25 ans n'est pas définitif si votre contrat prévoit de la souplesse. Prendre 25 ans pour sécuriser le financement, puis raccourcir le prêt quand vos revenus augmentent, permet de récupérer une partie des intérêts. Trois clauses sont à négocier dès l'offre :

  • La modulation des échéances : elle n'est pas un droit légal mais une clause du contrat. Elle s'active en général après un ou deux ans, souvent à la date anniversaire, et permet d'augmenter la mensualité (donc de réduire la durée) dans des limites fixées par la banque.
  • Le remboursement anticipé partiel : il est toujours possible, mais le contrat peut refuser les remboursements inférieurs ou égaux à 10 % du montant initial (article L313-47 du Code de la consommation), sauf s'il s'agit du solde.
  • La suppression ou la réduction des indemnités : leur plafond légal (six mois d'intérêts, 3 % du capital restant dû au maximum) est un maximum, et de nombreuses banques acceptent de les réduire, voire de les supprimer en cas de remboursement sur fonds propres.

Exemple : sur nos 250 000 € à 25 ans, augmenter la mensualité de 1 245 € à 1 436 € dès la 6e année, quand le capital restant dû est de 215 601 €, ramène la fin du prêt à 21 ans et 5 mois au total, et réduit les intérêts de 16 134 € par rapport au prêt mené à son terme. Vous gardez la sécurité d'une mensualité basse pendant les cinq premières années, celles où les imprévus sont les plus fréquents.

20 ou 25 ans : le verdict selon votre profil

Il n'existe pas de durée idéale dans l'absolu. Voici notre lecture par situation, aux conditions de l'automne 2026 :

Votre situationDurée conseilléePourquoi
Primo-accédant, budget juste25 ansSeule façon de passer sous les 35 % ; négociez la modulation.
Revenus confortables, mensualité 20 ans sous 30 %20 ansEnviron 11,5 % du capital économisé en intérêts, dette soldée plus tôt.
Revente probable dans les 10 ans20 ans si possibleCapital remboursé plus vite, apport plus élevé pour l'achat suivant.
Emprunteur de plus de 50 ans20 ans ou moinsAssurance chère, TAEG proche de l'usure, prêt soldé avant la retraite.
Investissement locatif25 ansMensualité couverte par le loyer, intérêts déductibles au régime réel.
Épargnant discipliné et investi en actions25 ans + placementRentable si le placement dépasse 4 % net par an, avec le risque associé.
L'essentiel : la durée la plus courte que votre budget supporte sans vous priver d'épargne de précaution reste la plus économique. Les 25 ans se justifient pour accéder à la propriété ou pour un investissement locatif, rarement pour le simple confort d'une mensualité plus basse.

Avant de trancher, comparez aussi le coût global de l'opération avec la location : notre guide résidence principale ou investissement locatif met en regard achat, location et placement de l'apport sur la même durée.