Quel est le rendement moyen du MSCI World ?
Le MSCI World a rapporté 12,74 % par an en euros sur les dix ans achevés le 30 octobre 2026, dividendes nets réinvestis, mais 6,68 % par an depuis le 29 décembre 2000, selon les fiches officielles de MSCI. Pour une projection à 20 ou 30 ans, ce second chiffre, qui traverse deux krachs, est le plus honnête.
L'écart entre ces deux moyennes ne vient pas d'une erreur de calcul. Il vient de la date de départ. Les dix dernières années ont été exceptionnelles pour les actions mondiales, portées par les géants américains de la technologie, alors que la période qui démarre fin 2000 encaisse l'éclatement de la bulle internet puis la crise de 2008. Selon le point de départ choisi, un même indice affiche donc un rendement « moyen » du simple au double.
Ce dossier rassemble les chiffres publiés par MSCI au 30 octobre 2026, en euros et en dollars, puis les passe au crible de ce qui compte pour un épargnant français : l'inflation, les frais de votre ETF, la fiscalité du PEA ou du compte-titres et le risque de baisse. Vous trouverez en fin d'article le taux à retenir pour vos propres simulations.
Rendement du MSCI World sur 1, 3, 5 et 10 ans : le tableau officiel
MSCI publie chaque mois une fiche par devise et par version de l'indice. La version qui vous concerne est la version « net » : les dividendes y sont réinvestis après la retenue à la source prélevée par les pays d'origine. C'est l'indice que répliquent les ETF MSCI World vendus en France. La version « brute » (gross) réinvestit les dividendes avant impôt et surestime donc légèrement ce qu'un fonds peut obtenir.
| Période (au 30 octobre 2026) | En euros, net | En dollars, net | En dollars, brut |
|---|---|---|---|
| 1 an | 15,91 % | 12,11 % | 12,53 % |
| 3 ans (par an) | 20,08 % | 22,28 % | 22,80 % |
| 5 ans (par an) | 11,29 % | 10,49 % | 10,99 % |
| 10 ans (par an) | 12,74 % | 12,95 % | 13,50 % |
| Depuis le 29 décembre 2000 (par an) | 6,68 % | 7,40 % | n.d. |
| Depuis le 31 décembre 1987 (par an) | n.d. | n.d. | 8,98 % |
Deux enseignements ressortent. D'abord, l'écart entre version nette et version brute reste faible, de l'ordre de 0,5 point par an sur dix ans en dollars : c'est le coût des retenues à la source sur les dividendes. Ensuite, la version « prix », qui ignore les dividendes, n'affiche que 11,14 % par an sur dix ans en dollars contre 13,50 % pour la version brute. Un graphique de cours sans dividendes sous-estime donc le rendement d'environ deux points par an. Le rendement du dividende de l'indice s'élève à 1,54 % au 30 octobre 2026.
Rappel sur la composition : l'indice regroupe 1 248 entreprises de 23 pays développés, mais les États-Unis en pèsent 72,77 % et les dix premières lignes (Apple, Nvidia, Microsoft, Amazon, Alphabet, Broadcom, Meta, Tesla, Eli Lilly) 26,58 %. Le rendement passé du « monde » est donc avant tout celui des grandes capitalisations américaines.
Année par année : de −12,8 % à +31,1 % en euros
Une moyenne de 12 % par an ne signifie pas que l'indice gagne 12 % chaque année. Le tableau ci-dessous reprend les performances annuelles nettes publiées par MSCI, en euros et en dollars.
| Année | En euros (net) | En dollars (net) |
|---|---|---|
| 2016 | +10,73 % | +7,51 % |
| 2017 | +7,51 % | +22,40 % |
| 2018 | −4,11 % | −8,71 % |
| 2019 | +30,02 % | +27,67 % |
| 2020 | +6,33 % | +15,90 % |
| 2021 | +31,07 % | +21,82 % |
| 2022 | −12,78 % | −18,14 % |
| 2023 | +19,60 % | +23,79 % |
| 2024 | +26,60 % | +18,67 % |
| 2025 | +6,77 % | +21,09 % |
| 2026 (au 30 octobre) | +16,67 % | +10,89 % |
Sur les quatorze années civiles de 2012 à 2025 publiées par MSCI, l'indice en euros n'a reculé que deux fois (2018 et 2022). Mais la dispersion est forte : un écart de près de 44 points sépare la pire année (2022) de la meilleure (2021).
Autre piège de lecture : la moyenne arithmétique des dix années 2016-2025 en euros donne 12,17 %, alors que le rendement réellement composé sur la même période n'est que de 11,30 % par an. La différence vient de la volatilité : perdre 12,78 % puis regagner 19,60 % ne vous ramène pas à +6,8 %, mais à +4,3 %. Pour vos calculs, utilisez toujours le rendement annualisé (géométrique), celui des fiches MSCI, jamais la moyenne simple des années.
Enfin, le « rendement sur 10 ans » dépend de la date d'arrêté. Calculé sur les années civiles 2016 à 2025, il ressort à 11,30 % par an en euros ; arrêté au 30 octobre 2026, il monte à 12,74 % parce qu'il intègre la bonne année 2026. Un écart de près d'un point et demi pour la même décennie, ou presque.
Rendement du MSCI World sur 20, 30 et 50 ans
Plus l'horizon s'allonge, plus le rendement moyen se tasse, parce que les périodes longues intègrent forcément des marchés baissiers. Les sources les plus solides convergent vers un rendement nominal compris entre 7 % et 9 % par an sur plusieurs décennies.
- Depuis fin 1987, en dollars, dividendes bruts : 8,98 % par an selon MSCI. L'indice a été lancé le 31 mars 1986 ; les données antérieures sont reconstituées a posteriori.
- Depuis fin 1969, en euros : 10 000 € investis fin 1969 valaient près de 727 000 € fin novembre 2025, selon des données Morningstar publiées par Deutsche Börse. Cela représente environ 7,97 % par an (notre calcul, hors frais).
- Depuis 1900, actions des pays développés : 8,5 % par an en dollars sur 1900-2025, selon l'annuaire UBS des rendements mondiaux (Dimson, Marsh et Staunton), contre 6,9 % pour les marchés émergents.
- Depuis le 29 décembre 2000, en euros : 6,68 % par an selon MSCI, soit environ 53 150 € pour 10 000 € investis (notre calcul).
Ces séries ne sont pas strictement comparables (devise, version brute ou nette, date d'arrêté), mais elles racontent la même histoire : le moteur à long terme des actions mondiales tourne autour de 7 à 8 % par an en euros courants, pas autour des 12 % de la dernière décennie.
Pourquoi le rendement en euros n'est pas celui en dollars
Les trois quarts de l'indice sont cotés en dollars. Quand le dollar baisse face à l'euro, la performance convertie en euros se réduit d'autant ; quand il monte, elle augmente. L'année 2025 en donne une illustration spectaculaire : +21,09 % en dollars, mais seulement +6,77 % en euros. Un épargnant français a perdu en change plus des deux tiers de la hausse.
L'effet joue dans les deux sens. Du 1er janvier au 30 octobre 2026, l'indice gagne 10,89 % en dollars mais 16,67 % en euros, parce que le dollar s'est repris face à l'euro. Sur dix ans, les deux effets se compensent presque : 12,74 % par an en euros contre 12,95 % en dollars.
Retenez donc la version en euros pour vos projections, puisque c'est la devise dans laquelle vous épargnez et dépenserez. Si vous voulez neutraliser ce risque, des ETF couverts contre le change existent, avec un coût de couverture que nous avons chiffré dans notre comparatif ETF World couvert ou non couvert.
Après inflation : combien gagnez-vous vraiment ?
Un rendement nominal ne dit rien de votre pouvoir d'achat. Les coefficients de l'INSEE permettent de calculer l'inflation moyenne en France sur chaque période, puis le rendement réel approximatif de l'indice en euros.
| Période | Rendement nominal en euros | Inflation moyenne en France | Rendement réel approximatif |
|---|---|---|---|
| 10 ans | 12,74 % | 1,92 % (2015-2025) | ≈ 10,6 % |
| Depuis fin 2000 | 6,68 % | 1,67 % (2000-2025) | ≈ 4,9 % |
| Depuis fin 1969 | ≈ 7,97 % | 3,98 % (1969-2025) | ≈ 3,8 % |
Le constat est net : sur un demi-siècle, le rendement réel des actions mondiales pour un épargnant en euros tourne autour de 4 % par an, parce que les années 1970 et 1980 ont connu une inflation à deux chiffres. Les périodes d'inflation forte reviennent : l'INSEE mesurait encore 5,2 % de hausse des prix en 2022 et 4,9 % en 2023, puis 3,4 % sur un an en octobre 2026 (estimation provisoire).
Pour comparer, le Livret A rapporte 1,7 % depuis le 1er août 2026, soit un rendement réel négatif face à une inflation de 3,4 %. C'est précisément l'écart de 3 à 5 points par an en termes réels qui justifie d'accepter la volatilité des actions sur un horizon long.
Votre ETF fait un peu moins que l'indice : l'écart mesuré
Vous n'achetez pas l'indice, vous achetez un ETF qui le réplique, avec des frais. Les fiches des émetteurs au 30 septembre 2026 permettent de mesurer cet écart sur les principaux ETF MSCI World éligibles au PEA.
| ETF (éligible PEA) | Frais courants | Performance sur 1 an | Indice sur 1 an | Écart |
|---|---|---|---|---|
| Amundi MSCI World Swap (CW8) | 0,38 % | 18,79 % | 19,21 % | −0,42 point |
| Amundi PEA Monde (DCAM) | 0,20 % | 19,03 % | 19,21 % | −0,18 point |
| iShares MSCI World Swap PEA (WPEA) | 0,20 % | 19,05 % | 19,21 % | −0,16 point |
Sur dix ans, l'historique de CW8 confirme l'ordre de grandeur. De 2016 à 2025, l'ETF a progressé de 11,15 % par an contre 11,30 % pour l'indice en euros, soit un écart de 0,14 point par an, plus faible que ses frais courants de 0,38 %. Concrètement, 10 000 € placés début 2016 valaient 28 791 € fin 2025 dans l'ETF, contre 29 167 € pour l'indice théorique : 376 € d'écart en dix ans.
L'écart de frais entre deux ETF compte davantage sur un plan d'épargne régulier. Avec 200 € par mois pendant 20 ans et un rendement brut de 6,68 %, un ETF à 0,20 % de frais aboutit à 96 211 €, contre 94 269 € pour un ETF à 0,38 % : 1 942 € de différence, à indice identique. Le détail des trois ETF figure dans notre comparatif CW8, DCAM ou WPEA.
Le prix de ce rendement : −53,6 % entre 2001 et 2009
Le rendement moyen se paie par des baisses profondes et parfois longues. Les fiches MSCI indiquent la perte maximale enregistrée depuis fin 2000, et les données Morningstar couvrent les décennies antérieures.
- 2001-2009 en euros : −53,60 % entre le 24 mai 2001 et le 9 mars 2009. Un épargnant entré au printemps 2001 n'avait pas retrouvé son capital quand la crise de 2008 a frappé.
- 2007-2009 en dollars : −57,82 % entre le 31 octobre 2007 et le 9 mars 2009. Pour effacer une telle chute, il faut ensuite un gain de 137 %.
- Pire décennie en euros : environ −4,2 % par an entre 1999 et 2009, selon Morningstar. Dix ans de patience n'ont donc pas toujours suffi.
- Pires cinq ans en euros : environ −9,1 % par an de février 1973 à janvier 1978, période de choc pétrolier et d'inflation.
- 2022 : −12,78 % en euros et −18,14 % en dollars sur l'année civile, sous l'effet de la remontée des taux.
La volatilité annualisée sur dix ans atteint 13,44 % en euros selon MSCI. En pratique, cela signifie qu'une année à −15 % ou à +30 % reste dans la normale statistique de cet indice. Si une baisse de moitié de votre épargne investie vous pousserait à tout vendre, la part d'actions de votre patrimoine est trop élevée, quel que soit le rendement moyen.
200 € par mois pendant 20 ans : ce que donnent quatre hypothèses
Passons à un cas concret. Vous versez 200 € par mois pendant 20 ans sur un ETF MSCI World à 0,20 % de frais, soit 48 000 € de versements. Nous appliquons quatre hypothèses de rendement tirées des chiffres précédents, frais déduits, versements en début de mois.
| Hypothèse de rendement annuel | D'où vient ce taux | Capital au bout de 20 ans | Dont plus-values |
|---|---|---|---|
| 4,93 % | Rendement réel depuis fin 2000 (euros constants) | 79 093 € | 31 093 € |
| 6,68 % | Rendement nominal en euros depuis fin 2000 | 96 211 € | 48 211 € |
| 7,97 % | Rendement en euros depuis fin 1969 (Morningstar) | 111 525 € | 63 525 € |
| 12,74 % | Rendement en euros des 10 dernières années | 196 402 € | 148 402 € |
L'écart entre la première et la dernière ligne atteint 117 309 € pour les mêmes 48 000 € versés. Une projection bâtie sur les dix dernières années promet presque deux fois et demie le résultat de l'hypothèse la plus prudente : c'est le principal risque des simulateurs remplis avec un rendement trop généreux. La ligne à 4,93 % se lit en euros constants, puisqu'elle retire l'inflation passée.
Vous pouvez refaire ce calcul avec vos propres montants dans notre simulateur d'intérêts composés, ou vérifier ce qu'auraient réellement donné vos versements passés, mois par mois, avec l'outil Si j'avais investi dans le MSCI World. Pour la méthode d'investissement progressif, notre guide de la stratégie DCA détaille l'intérêt de lisser ses achats.
Après impôt : PEA ou compte-titres, l'écart chiffré
Le rendement affiché par MSCI est avant impôt. En France, l'enveloppe change sensiblement ce qu'il vous reste. Dans un PEA de plus de cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent aux gains en 2026. Dans un compte-titres, le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).
| Hypothèse | Net après impôt en PEA (18,6 %) | Net après impôt en compte-titres (31,4 %) | Écart |
|---|---|---|---|
| 4,93 % | 73 310 € | 69 330 € | 3 980 € |
| 6,68 % | 87 244 € | 81 073 € | 6 171 € |
| 7,97 % | 99 709 € | 91 578 € | 8 131 € |
| 12,74 % | 168 799 € | 149 804 € | 18 995 € |
Calcul simplifié : impôt prélevé sur la totalité des plus-values lors d'un retrait unique au bout de 20 ans. Dans l'hypothèse centrale à 6,68 %, le PEA vous laisse 6 171 € de plus que le compte-titres, soit l'équivalent de près de 31 mois de versements. Les ETF MSCI World à réplication synthétique cités plus haut sont précisément conçus pour être logés dans un PEA, dont le fonctionnement complet est décrit dans notre guide du PEA.
Quel rendement retenir pour vos projections ?
Aucune source sérieuse ne peut vous garantir le rendement futur d'un indice d'actions. En revanche, les chiffres passés permettent de fixer des hypothèses raisonnables, et surtout d'éviter les hypothèses dangereuses.
- Pour un objectif exprimé en pouvoir d'achat constant (retraite, achat futur), retenez 4 à 5 % par an : c'est le rendement réel observé depuis 2000 et depuis 1969.
- Pour une projection en euros courants, retenez 6 à 7 % par an, cohérent avec les 6,68 % mesurés depuis fin 2000 et les 7,97 % depuis fin 1969.
- Retranchez les frais de votre ETF (0,20 % à 0,38 % pour les ETF éligibles au PEA cités) et l'impôt de votre enveloppe.
- N'utilisez pas les 12,74 % des dix dernières années comme hypothèse de base : ils correspondent à l'une des meilleures décennies de l'histoire de l'indice, marquée par la domination de quelques géants technologiques américains.
- Testez un scénario de krach : une baisse de 50 % l'année précédant votre besoin d'argent fait partie de l'historique de l'indice.
Ces hypothèses rejoignent celles que nous utilisons pour calculer le capital nécessaire à une indépendance financière dans notre guide FIRE et retraite anticipée. Et si vous hésitez entre le MSCI World et un ETF S&P 500, plus concentré encore sur les États-Unis, notre comparatif ETF World ou S&P 500 met les deux indices face à face.
Sources et avertissement
Article éditorial à visée informative, ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; un placement en actions présente un risque de perte en capital. Les données de l'indice antérieures au 31 mars 1986 sont reconstituées par MSCI. Les projections chiffrées sont des calculs illustratifs, hors frais de courtage, avec impôt simplifié.
- MSCI : fiche de l'indice MSCI World en euros, rendements nets au 30 octobre 2026
- MSCI : fiche de l'indice MSCI World en dollars, rendements nets au 30 octobre 2026
- MSCI : fiche de l'indice MSCI World en dollars, rendements bruts au 30 octobre 2026
- Amundi : fiche mensuelle de l'ETF MSCI World Swap (CW8) au 30 septembre 2026
- Amundi : fiche mensuelle de l'ETF PEA Monde (DCAM) au 30 septembre 2026
- iShares : fiche de l'ETF MSCI World Swap PEA (WPEA) au 30 septembre 2026
- Deutsche Börse : MSCI World depuis 1969, données Morningstar (1er décembre 2025)
- UBS Global Investment Returns Yearbook 2026 (Dimson, Marsh, Staunton), synthèse
- INSEE : coefficients de transformation de l'euro en euros constants
- INSEE : indice des prix à la consommation, estimation provisoire d'octobre 2026