Glossaire NokxiHub/Immobilier/Plus-value immobilière/Vérifié le 20 septembre 2026
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Plus-value immobilière : le calcul, les deux compteurs et les sorties

36,2 %avant abattements0 % après 30 ans de détention

Vendre plus cher qu'on a acheté déclenche un impôt de 36,2 % — sur le papier. Dans les faits, deux abattements pour durée de détention viennent réduire cette note, mais ils n'avancent pas au même rythme : l'impôt sur le revenu disparaît à 22 ans, les prélèvements sociaux seulement à 30 ans. Entre les deux, huit années pendant lesquelles on croit être exonéré sans l'être.

Impôt sur le revenu19 %Taux proportionnel — effacé à 22 ans de détention
Prélèvements sociaux17,2 %Non touchés par la LFSS 2026 — effacés à 30 ans
Forfait travaux15 %Sans facture, après 5 ans de détention
Forfait frais d’acquisition7,5 %Au choix, à la place des frais réels

La résidence principale n'est pas concernée

C'est la première chose à vérifier, et elle règle la majorité des cas : la vente de votre résidence principale est totalement exonérée, sans condition de durée de détention ni de montant. Le logement doit être votre résidence habituelle et effective au jour de la vente — un bien quitté depuis plusieurs années ne l'est plus, même s'il l'a été longtemps.

L'administration tolère un délai de vente d'environ un an après le déménagement, à condition que le bien soit resté inoccupé et mis en vente sans délai. Au-delà, l'exonération tombe et le régime décrit ci-dessous s'applique. Tout le reste de cette fiche concerne donc les résidences secondaires, les biens locatifs et les terrains.

La base imposable : deux forfaits que beaucoup oublient

La plus-value n'est pas la différence entre le prix de vente et le prix d'achat. Le prix d'acquisition peut être majoré de deux façons, et c'est là que se joue une part considérable de l'impôt.

Les frais d'acquisition — les « frais de notaire » payés à l'achat — peuvent être retenus pour leur montant réel, ou forfaitairement pour 7,5 % du prix d'achat. Le forfait est presque toujours plus avantageux, et surtout il ne demande aucun justificatif.

Les travaux peuvent être ajoutés sur factures, ou forfaitairement pour 15 % du prix d'achat dès lors que le bien est détenu depuis plus de 5 ans. Là encore, aucune facture n'est exigée : le forfait est de droit. Un propriétaire qui n'a jamais rien rénové y a droit comme les autres.

Sur un bien acheté 200 000 €, ces deux forfaits portent le prix d'acquisition retenu à 245 000 € — soit 45 000 € de base taxable en moins, avant même de parler d'abattement.

Deux compteurs, deux durées : la mécanique qui surprend

À partir de la 6e année de détention, la plus-value est réduite par un abattement. Mais il y en a deux, et ils ne progressent pas ensemble.

Pour l'impôt sur le revenu, l'abattement court à 6 % par an jusqu'à la 21e année, puis 4 % la 22e : l'exonération est totale à 22 ans.

Pour les prélèvements sociaux, le rythme est bien plus lent : 1,65 % par an jusqu'à la 21e année, 1,6 % la 22e, puis une accélération à 9 % par an. L'exonération n'arrive qu'à 30 ans.

D'où la situation la plus mal comprise du régime : entre 22 et 30 ans de détention, un vendeur ne paie plus d'impôt sur le revenu mais reste redevable de prélèvements sociaux sur une part encore substantielle de sa plus-value. « Exonéré » au bout de 22 ans ne veut pas dire « rien à payer ».

Le calcul complet : 200 000 € en 2010, 300 000 € aujourd'hui

Prenons un appartement locatif acheté 200 000 € il y a 16 ans et revendu 300 000 €. Le réflexe serait de calculer sur 100 000 € de gain. C'est faux : après application des deux forfaits, la plus-value brute retenue n'est que de 55 000 €.

Sur cette base, 16 ans de détention effacent 66 % de l'assiette soumise à l'impôt sur le revenu, qui tombe à 18 700 € — soit 3 553 € d'impôt. Mais ils n'effacent que 18,15 % de l'assiette sociale, qui reste à 45 018 € — soit 7 743 € de prélèvements sociaux.

Total : 11 296 €, contre 19 910 € si la vente était intervenue avant la 6e année. La durée de détention a donc divisé la note par 1,8 — et l'essentiel de ce qui reste dû est social, non fiscal.

La surtaxe sur les grosses plus-values

Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable — c'est-à-dire après abattements —, une taxe supplémentaire s'applique, progressive de 2 % à 6 % selon le montant. Elle est calculée sur la totalité de la plus-value imposable, et non sur la seule fraction dépassant le seuil.

Le seuil s'apprécie par vendeur : un couple qui vend un bien détenu en indivision dispose de deux seuils distincts. C'est l'une des rares optimisations réellement disponibles sur ce régime, et elle se prépare au moment de l'acquisition, pas de la vente.

Les autres portes de sortie

La première cession d'un logement autre que la résidence principale peut être exonérée si le vendeur n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes, et s'il remploie le prix dans l'achat de sa résidence principale dans les deux ans. C'est le dispositif que les locataires propriétaires d'un bien locatif oublient le plus souvent.

Les petites cessions — prix de vente inférieur à 15 000 € — sont exonérées, seuil apprécié par bien et par vendeur. Les retraités et titulaires d'une carte d'invalidité le sont également sous conditions de revenu fiscal de référence. Enfin, certaines cessions au profit d'organismes de logement social bénéficient d'une exonération propre.

Ce que la mécanique implique pour un investisseur

La fiscalité de la plus-value récompense la détention longue, mais avec une marche particulièrement raide entre 22 et 30 ans. Vendre à 20 ans, à 23 ans ou à 31 ans ne produit pas du tout le même résultat net, à prix identique.

C'est aussi ce qui distingue structurellement l'immobilier d'un placement financier liquide : sur un PEA, la durée qui compte est celle de l'enveloppe, pas celle de chaque ligne. En immobilier, chaque bien porte son propre compteur, et il redémarre à zéro à chaque acquisition. Cette rigidité doit entrer dans l'arbitrage bien avant la revente — c'est précisément ce que compare notre page résidence principale ou investissement locatif.

Questions fréquentes

Quel est le taux d'imposition de la plus-value immobilière en 2026 ?

19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % avant abattements. L'immobilier n'a pas été touché par la hausse des prélèvements sociaux de la LFSS 2026 : il reste à 17,2 %, contre 18,6 % pour les placements financiers.

Au bout de combien d’années ne paie-t-on plus de plus-value ?

22 ans de détention effacent l'impôt sur le revenu, mais il faut attendre 30 ans pour être exonéré des prélèvements sociaux. Entre les deux, le vendeur reste redevable de 17,2 % sur une fraction décroissante de sa plus-value.

La vente de ma résidence principale est-elle taxée ?

Non. La vente de la résidence principale est totalement exonérée de plus-value, sans condition de durée ni de montant. Le bien doit toutefois constituer votre résidence habituelle et effective au jour de la vente ; l'administration admet un délai d'environ un an après le déménagement si le logement est resté inoccupé et mis en vente sans attendre.

Peut-on déduire des travaux sans factures ?

Oui. Au-delà de 5 ans de détention, vous pouvez majorer le prix d'acquisition d'un forfait travaux de 15 % sans produire aucun justificatif. Ce forfait est de droit, même si aucun travail n'a été réalisé, et s'ajoute au forfait de 7,5 % au titre des frais d'acquisition.

Qu'est-ce que la surtaxe sur les plus-values supérieures à 50 000 € ?

C'est une taxe additionnelle, progressive de 2 % à 6 %, qui frappe les plus-values imposables — donc après abattements — dépassant 50 000 €. Le seuil s'apprécie par vendeur : en indivision, chaque co-indivisaire dispose du sien.

Pour aller plus loin

Fiche publiée par NokxiHub à titre informatif et pédagogique, à jour des textes applicables en 2026. Elle ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement, et ne remplace pas l'analyse d'un notaire ou d'un professionnel sur votre situation.

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