Ce qui vient de se passer : la hausse est confirmée, le chiffre arrive à la mi-juillet
C'est officiel dans son principe, plus dans son montant : le ministre de l'Économie Roland Lescure a confirmé le 30 juin que le taux du Livret A remontera au 1er août 2026. Le niveau exact sera annoncé à la mi-juillet, sur recommandation du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin. Après la baisse à 1,5 % du 1er février 2026 — le plus bas niveau du livret depuis 2009 —, c'est la première remontée du taux depuis le pic de 3 % de 2023-2024.
L'enjeu n'est pas anecdotique : le Livret A et son jumeau le LDDS sont détenus par plus de 80 % des Français, avec un encours moyen d'environ 7 482 € par détenteur de Livret A. Les projections des spécialistes de l'épargne convergent vers un taux compris entre 1,7 % et 1,8 %, certains scénarios plus prudents évoquant 1,6 %. Voici comment ce chiffre se fabrique, et surtout ce qu'il change concrètement pour vous.
L'essentiel : la hausse du Livret A au 1er août 2026 est confirmée par Bercy ; seul le niveau reste à trancher à la mi-juillet. La formule de calcul pointe vers 1,7 %–1,8 % (contre 1,5 % aujourd'hui). Vous n'avez aucune démarche à faire : le nouveau taux s'appliquera automatiquement.
Pourquoi le taux remonte : la formule décortiquée
Le taux du Livret A n'est pas décidé au doigt mouillé. Il suit une formule réglementaire, révisable le 1er février et le 1er août : la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et du taux interbancaire €STR, divisée par deux, avec un plancher à 0,5 % et un arrondi au dixième de point le plus proche.
Or les deux ingrédients ont bougé dans le bon sens pour les épargnants. L'€STR, qui reflète les taux directeurs de la BCE, s'est stabilisé autour de 1,93 % depuis décembre 2025 — et la BCE a même relevé ses taux de 0,25 point en juin 2026, une première depuis septembre 2023. De son côté, l'inflation hors tabac du premier semestre 2026 tourne autour de 1,6 % en moyenne. Faites le calcul : (1,93 + 1,6) / 2 ≈ 1,77 %, soit un taux arrondi à 1,8 % en application stricte de la formule. Le gouvernement garde toutefois la main : il peut s'écarter de la formule pour lisser la hausse, notamment pour ménager le coût de financement du logement social, adossé au Livret A. D'où l'hypothèse d'un taux ramené à 1,7 %.
1,6 %, 1,7 % ou 1,8 % : combien ça rapporte selon le scénario
Le tableau ci-dessous compare les intérêts annuels bruts (et nets, puisque le Livret A est exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux) selon le taux retenu, pour trois niveaux d'encours typiques. Les intérêts du second semestre seront calculés au nouveau taux à partir du 1er août.
| Encours | À 1,5 % (actuel) | À 1,6 % | À 1,7 % | À 1,8 % | Gain annuel vs 1,5 % (à 1,8 %) |
|---|---|---|---|---|---|
| 7 500 € (encours moyen) | 112,50 € | 120 € | 127,50 € | 135 € | +22,50 € |
| 15 000 € | 225 € | 240 € | 255 € | 270 € | +45 € |
| 22 950 € (plafond) | 344,25 € | 367,20 € | 390,15 € | 413,10 € | +68,85 € |
Soyons honnêtes : à l'échelle d'une année pleine, la hausse rapporte quelques dizaines d'euros. Mais le vrai sujet n'est pas là. Ce qui compte, c'est le rendement réel : avec une inflation autour de 1,6 %, un Livret A à 1,8 % protège enfin (légèrement) le pouvoir d'achat de votre épargne de précaution, là où le 1,5 % actuel faisait à peine jeu égal avec la hausse des prix.
Exemple déroulé : un Livret A plein sur l'année 2026
Prenons Julie, qui a un Livret A au plafond de 22 950 € toute l'année 2026, et déroulons le calcul pas à pas :
- Du 1er janvier au 31 juillet (7 mois) : taux de 1,5 %. Intérêts courus ≈ 22 950 € × 1,5 % × 7/12 = 200,81 €.
- Du 1er août au 31 décembre (5 mois), hypothèse 1,8 % : 22 950 € × 1,8 % × 5/12 = 172,13 €.
- Total 2026 ≈ 372,94 €, crédités le 31 décembre — contre 344,25 € si le taux était resté à 1,5 % toute l'année, soit environ 29 € de mieux, net de tout impôt.
À titre de comparaison, ces 372,94 € nets équivaudraient à environ 533 € d'intérêts bruts sur un livret bancaire fiscalisé au prélèvement forfaitaire de 30 % : l'exonération fiscale reste le vrai super-pouvoir du Livret A pour l'épargne de précaution.
Le LEP, grand gagnant silencieux de la révision
Si vous êtes éligible au Livret d'épargne populaire, la révision d'août est encore plus intéressante. Le LEP, rémunéré 2,5 % depuis le 1er février 2026, bénéficie d'une règle plus favorable : son taux ne peut pas être inférieur à celui du Livret A majoré de 0,5 point, et le gouvernement lui accorde régulièrement un coup de pouce. Les projections évoquent un LEP porté à 2,8 % environ au 1er août — soit près du double du Livret A actuel, toujours net d'impôt, dans la limite d'un plafond de versements de 10 000 €.
Le LEP est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond révisé chaque année (vérifiable en deux minutes sur service-public.fr avec votre dernier avis d'imposition). Or, selon la Banque de France, des millions de Français éligibles ne l'ont toujours pas ouvert. Avant même de vous demander si le Livret A fera 1,7 % ou 1,8 %, c'est LA case à cocher en priorité.
L'essentiel : à 10 000 € sur un LEP à 2,8 %, vous toucherez 280 € nets par an, contre 180 € au mieux sur la même somme en Livret A. Si votre revenu fiscal vous y donne droit, remplissez d'abord le LEP, ensuite seulement le Livret A.
D'ici le 1er août : les bons réflexes (et les faux bons plans)
Concrètement, il n'y a rien à signer, rien à demander : le nouveau taux s'appliquera automatiquement à tous les Livrets A, LDDS et LEP le 1er août. Quelques réflexes utiles quand même :
- Ne videz pas votre livret avant le 1er août en pensant « replacer au meilleur moment » : les intérêts sont calculés par quinzaine, et un retrait fait perdre la quinzaine entière en cours.
- Versez avant le 15 du mois si vous comptez alimenter le livret : un dépôt effectué au plus tard le 15 produit des intérêts dès la quinzaine du 16.
- Méfiez-vous des « super livrets » bancaires à taux boostés 2-3 mois : après la période promo et la flat tax de 30 %, leur rendement net repasse souvent sous celui du Livret A.
Rappelons enfin le rôle du Livret A dans une allocation saine : c'est votre épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses), disponible à tout moment. Ni plus, ni moins.
Au-delà du matelas de sécurité : 1,8 % ne fait pas un projet de vie
Même à 1,8 %, le Livret A reste un outil de trésorerie, pas un moteur de patrimoine. Une fois le matelas de précaution constitué (et le LEP rempli si vous y avez droit), chaque euro supplémentaire mérite mieux : fonds en euros d'assurance-vie (dont la fiscalité conserve en 2026 des prélèvements sociaux à 17,2 % et un prélèvement forfaitaire global de 30 %), ou surtout investissement long terme en actions via un PEA — notre guide complet du PEA détaille pourquoi c'est l'enveloppe reine du long terme, malgré la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % (flat tax à 31,4 %) applicable aux valeurs mobilières depuis 2026.
Pour visualiser l'écart : 10 000 € laissés 20 ans à 1,8 % deviennent environ 14 290 €. Les mêmes 10 000 € investis en ETF actions monde à 6 % annuels moyens (sans garantie, avec de la volatilité) dépasseraient 32 000 € bruts. Faites tourner vos propres hypothèses avec nos simulateurs d'épargne et d'intérêts composés, et si vous débutez en bourse, commencez par comprendre l'arbitrage ETF World ou S&P 500.
Note éditoriale et sources
Article éditorial à visée informative, rédigé le 11 juillet 2026 sur la base des annonces publiques disponibles ; le taux définitif du 1er août 2026 sera confirmé à la mi-juillet par arrêté. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Sources : economie.gouv.fr — taux de l'épargne réglementée au 1er février 2026 ; service-public.gouv.fr — Livret A et LEP ; Journal du Net — les nouveaux taux prévus au 1er août ; Nalo — vers une hausse à 1,80 % ? ; Meilleurtaux Placement — vers 1,70 % ou 1,80 % ; BCE — décisions de politique monétaire de juin 2026.