Le taux d'usure relevé au 1er juillet 2026

La Banque de France a relevé, avec effet au 1er juillet 2026, le taux d'usure applicable aux crédits immobiliers à taux fixe d'une durée de 20 ans et plus : le plafond passe de 5,19 % à 5,29 % de TAEG. Une hausse de 10 points de base qui redonne un peu d'air aux dossiers de financement les plus tendus.

L'essentiel : le taux d'usure est le taux maximum légal auquel une banque peut vous prêter. Quand il est relevé, des profils auparavant refusés (taux + assurance + frais trop proches, voire au-dessus, du plafond) peuvent redevenir finançables. Le relèvement du 1er juillet 2026 profite surtout aux emprunteurs sur 20 ans et plus.

Le taux d'usure, un mécanisme méconnu mais décisif

Le taux d'usure n'est pas le taux de votre crédit, mais le plafond légal au-dessus duquel un établissement bancaire n'a pas le droit de vous prêter, quel que soit le profil. Il englobe le TAEG (taux annuel effectif global) : taux nominal, assurance emprunteur, frais de dossier et de garantie compris.

Il est calculé et publié chaque trimestre par la Banque de France selon une formule simple : la moyenne des taux effectivement pratiqués le trimestre précédent, majorée d'un tiers (33,33 %). Concrètement, si les taux montent, le plafond suit avec un trimestre de décalage — et inversement.

Ce qui change concrètement au 1er juillet 2026

Durée du prêt (taux fixe) Taux d'usure avant (T2 2026) Taux d'usure depuis le 1er juillet 2026
20 ans et plus 5,19 % 5,29 %
10 à 20 ans Barème distinct, en légère hausse Barème distinct, en légère hausse
Moins de 10 ans Barème distinct Barème distinct

En parallèle, les taux réellement pratiqués sur le marché se stabilisent : selon les baromètres de courtiers, le taux moyen sur 20 ans avoisine 3,30 % à 3,36 % en juillet 2026 (jusqu'à 3,15 % pour les meilleurs profils), contre environ 3,15 % à 3,20 % sur 15 ans. L'écart entre ce taux moyen et le plafond d'usure — la marge de manœuvre dont disposent les banques pour intégrer l'assurance et les frais — reste donc confortable pour un dossier standard, mais se resserre vite pour un profil à risque (âge, état de santé, taux d'endettement élevé).

Pourquoi le plafond remonte maintenant

Ce relèvement s'inscrit dans un contexte de taux obligataires stabilisés : l'OAT 10 ans, qui sert de référence au financement des banques, évolue autour de 3,60 % à 3,70 %. La BCE a par ailleurs relevé ses taux directeurs de 25 points de base à la mi-juin 2026 — une première hausse depuis 2023 — ce qui a mécaniquement tiré vers le haut le coût de refinancement des banques, et donc les taux moyens qui alimentent le calcul de l'usure.

Le taux d'usure suit toujours le marché avec retard : il reflète les taux du trimestre précédent, pas ceux du moment. C'est pour cela qu'un relèvement du plafond peut coexister avec des taux réels qui, eux, se stabilisent déjà.

Qui en profite concrètement ?

Prenons un emprunteur sur 20 ans, taux nominal à 3,35 %, avec une assurance plus coûteuse que la moyenne (profil senior ou risque aggravé de santé) portant son TAEG à 5,22 %. Avant le 1er juillet, ce dossier dépassait le plafond de 5,19 % et se voyait refusé — même avec une capacité de remboursement suffisante. Depuis le relèvement à 5,29 %, ce même dossier repasse sous le plafond et redevient finançable.

Sont concernés en priorité : les emprunteurs dont l'assurance emprunteur pèse lourd dans le TAEG (âge, tabagisme, questionnaire de santé), les profils qui empruntent sur les durées longues (25 ans), et les dossiers dont le taux d'endettement frôle la limite des 35 %.

Ce qu'il faut faire si votre dossier a été refusé récemment

Si votre demande de prêt a été rejetée ces dernières semaines pour cause de dépassement du taux d'usure, il peut être pertinent de redéposer votre dossier maintenant que le plafond a été relevé — sans attendre la prochaine publication trimestrielle. Un courtier peut aussi négocier une délégation d'assurance moins chère pour faire baisser mécaniquement votre TAEG.

Avant toute démarche, recalculez votre capacité d'emprunt avec notre simulateur de capacité d'emprunt, qui applique le taux d'endettement de 35 % et les critères bancaires actuels. Pour visualiser vos mensualités et le coût total selon la durée choisie, notre simulateur de prêt immobilier permet de comparer plusieurs scénarios en quelques secondes.

Ce qu'il faut retenir

Une hausse de 10 points de base peut sembler anecdotique, mais elle a un effet de seuil bien réel : elle fait basculer certains dossiers du côté « finançable ». Si votre projet immobilier a buté sur ce plafond, c'est le bon moment pour relancer vos démarches — d'autant que les taux réels du marché, eux, restent stables ce trimestre.

Article éditorial à visée informative publié par NokxiHub. Il ne constitue pas un conseil en investissement ou en crédit personnalisé ; les taux mentionnés sont des moyennes de marché constatées en juillet 2026 et peuvent varier selon votre profil et votre banque. Sources : Banque de France, Meilleurtaux, CAFPI, ADCF (juillet 2026).