Quel est le plafond du PEA en 2026 ?

Le plafond du PEA est de 150 000 € de versements. Il n'a pas bougé depuis la loi Pacte de 2019 et reste identique en 2026. Ce chiffre s'apprécie sur l'argent que vous déposez sur le plan, cumulé depuis son ouverture, jamais sur sa valeur. Le PEA-PME, dédié aux petites et moyennes entreprises européennes, a son propre plafond de 225 000 €, mais les deux plans sont liés : les versements PEA + PEA-PME d'une même personne ne peuvent pas dépasser 225 000 € au total.

SituationPlafond de versementsDétail
PEA classique150 000 €Un seul PEA par personne, ouvert à partir de 18 ans (domicile fiscal en France).
PEA-PME225 000 €Plafond global mutualisé avec le PEA : 150 000 € sur le PEA laissent 75 000 € pour le PEA-PME.
Couple marié ou pacsé300 000 €Un PEA par conjoint (150 000 € chacun) ; 450 000 € avec deux PEA-PME. Pas de PEA joint.
PEA jeune (18-25 ans rattaché)20 000 €Ces versements s'imputent sur le plafond mutualisé de 225 000 € des parents.
L'essentiel : 150 000 € de versements, 225 000 € en comptant le PEA-PME, 300 000 € pour un couple. Le plafond limite les dépôts, jamais la valorisation ni les opérations à l'intérieur du plan.

Que se passe-t-il quand le PEA dépasse 150 000 € grâce aux plus-values ?

Rien. Si vos 150 000 € versés sont devenus 220 000 € grâce aux marchés, votre PEA continue de croître sans aucune limite. Les dividendes encaissés et les plus-values réalisées à l'intérieur du plan ne sont pas des versements : vous pouvez les réinvestir librement, arbitrer d'un ETF à un autre, vendre et racheter. Le seul geste devenu impossible est d'ajouter de l'argent frais.

Deuxième idée reçue à corriger : un retrait ne libère pas de capacité de versement. Le compteur des 150 000 € est cumulé sur toute la vie du plan et ne redescend jamais. Retirer 30 000 € d'un PEA plein ne permet pas d'en reverser 30 000 €. Depuis la loi Pacte, un retrait après cinq ans n'entraîne plus la clôture et n'interdit plus les versements ultérieurs, mais uniquement s'il vous reste du plafond non consommé. Nous détaillons ce mécanisme dans retrait du PEA après 5 ans : le plafond ne se recharge pas.

Exemple chiffré : Claire a versé 150 000 € depuis 2015 ; son PEA vaut 236 000 €. Elle vend un ETF pour 40 000 € et rachète un autre ETF avec cette somme : aucun impact, le plan reste plein et exonéré. Elle retire ensuite 20 000 € pour des travaux : son plan continue, mais elle ne pourra jamais reverser ces 20 000 €.

PEA plein : dans quel ordre placer la suite de son épargne ?

La question n'est pas « faut-il fermer le PEA » (surtout pas : tant que vous ne retirez rien, il garde tout son potentiel) mais « quelle enveloppe ouvrir ensuite ». L'ordre logique en 2026 suit la fiscalité : d'abord ce qui conserve l'avantage du PEA, puis ce qui reste le moins taxé, enfin ce qui est le plus libre.

ÉtapeEnveloppeFiscalité des gains (2026)PlafondPour qui
1PEA-PME0 % d'impôt après 5 ans, 18,6 % de prélèvements sociaux75 000 € restants si le PEA est pleinCeux qui acceptent un univers PME-ETI plus étroit et plus volatil
2Assurance-vie Prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % ; après 8 ans, abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) puis 7,5 % + 17,2 % AucunSouplesse, ETF en unités de compte, transmission hors succession jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire
3Compte-titres ordinaire (CTO)Flat tax 31,4 % (12,8 % + 18,6 %), option barème possibleAucunTout le reste : ETF monde non éligibles au PEA, actions américaines, obligations

Étape 1 : le PEA-PME, 75 000 € de plafond à fiscalité PEA

Avant de quitter l'univers du PEA, pensez à son petit frère. Le PEA-PME offre exactement la même fiscalité que le PEA classique : exonération d'impôt sur le revenu sur les gains après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Avec un PEA rempli à 150 000 €, le plafond mutualisé de 225 000 € vous laisse 75 000 € de versements possibles.

Le PEA-PME est souvent oublié. C'est pourtant le seul moyen d'ajouter de l'épargne « à fiscalité PEA » une fois le PEA classique saturé. Son univers est plus restreint (PME et ETI européennes, quelques ETF et obligations dédiés), à doser selon votre tolérance au risque.

Étape 2 : l'assurance-vie, souplesse et transmission

Une fois l'univers PEA épuisé, l'assurance-vie est le complément le plus évident, et son intérêt relatif s'est renforcé en 2026 : ses gains restent soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 %, alors que le PEA et le compte-titres sont passés à 18,6 % avec la loi de financement de la Sécurité sociale 2026.

Ses deux atouts décisifs : après 8 ans, un abattement annuel sur les gains retirés de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) ; et un cadre successoral spécifique, avec 152 500 € transmis hors droits par bénéficiaire pour les versements faits avant 70 ans. On y loge des fonds en euros comme des unités de compte, ETF inclus. Point de vigilance : les frais de gestion annuels des unités de compte, à comparer contrat par contrat. Le détail de la fiscalité des rachats est dans retrait d'assurance-vie en 2026 : fiscalité et abattement.

Étape 3 : le compte-titres (CTO), la liberté sans plafond

Le compte-titres ordinaire n'a ni plafond, ni durée minimale, ni restriction géographique : ETF monde à réplication physique, actions américaines en direct, obligations, tout y est accessible. Le prix de cette liberté est fiscal : chaque plus-value et chaque dividende sont taxés à la flat tax de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). L'option pour le barème progressif reste possible ; elle n'a d'intérêt que si votre tranche marginale est à 0 % ou 11 %, ce que vous pouvez vérifier avec le simulateur d'impôt sur le revenu.

Comparez les deux enveloppes sur votre propre horizon avec le comparateur PEA ou CTO : il chiffre l'impôt évité par le PEA année après année.

Cas particuliers : couple, PEA jeune, PEA bancaire ou assurance

  • Couple. Il n'existe pas de PEA joint : chaque conjoint détient le sien, soit 300 000 € de versements à deux, 450 000 € avec deux PEA-PME. Si l'un des deux plans est plein, ouvrez ou remplissez celui du conjoint avant toute autre enveloppe.
  • PEA jeune. Un enfant majeur rattaché au foyer fiscal peut ouvrir un PEA limité à 20 000 € de versements ; ces sommes s'imputent sur le plafond mutualisé de 225 000 € de ses parents.
  • PEA assurance. Souscrit auprès d'un assureur sous forme de contrat de capitalisation, il obéit aux mêmes plafonds que le PEA bancaire ; on ne peut détenir qu'un seul PEA, quelle que soit sa forme.
  • Expatriation. Le départ à l'étranger ne ferme pas le PEA (hors États et territoires non coopératifs) mais interdit les nouveaux versements : voir PEA et expatriation : versements, exit tax.

Les trois erreurs fréquentes quand le PEA est plein

  1. Confondre plafond de versement et valorisation. Un PEA à 300 000 € de valeur n'est pas « hors la loi » : seuls les dépôts sont plafonnés.
  2. Retirer avant 5 ans pour « faire de la place ». Avant cinq ans, un retrait entraîne la clôture du plan (sauf cas légaux : licenciement, invalidité, retraite anticipée, création d'entreprise) et la taxation des gains à 31,4 %. Après cinq ans, le retrait est libre, mais il ne recharge pas le plafond.
  3. Ouvrir un CTO avant d'avoir rempli le PEA-PME du conjoint. L'ordre des enveloppes ci-dessus fait gagner, sur 20 ans et 75 000 € investis à 6 %, environ 20 000 € d'impôt sur le revenu par rapport à un CTO, à performance identique.