L'assurance vie, toujours reine de l'épargne française
Avec 2 107 milliards d'euros d'encours fin 2025 et une collecte nette record de 50,6 milliards d'euros sur l'année — un niveau plus vu depuis quinze ans — l'assurance vie reste, en 2026, le placement financier préféré des ménages français. Une partie de cet engouement s'explique par la baisse du Livret A à 1,5 % depuis le 1er février 2026, qui a poussé de nombreux épargnants à chercher un meilleur rendement ailleurs. Reste la question qui compte vraiment : combien rapportent réellement les fonds euros en 2026 ?
Le rendement moyen 2025 et les projections 2026
Selon l'ACPR, le rendement moyen des fonds euros sur les contrats individuels s'est établi à 2,63 % en 2025. Pour 2026, les projections des cabinets de gestion de patrimoine oscillent entre 2,4 % et 2,9 % net de frais de gestion, selon l'évolution des portefeuilles obligataires et la stabilisation des marchés de taux. Ces chiffres restent inférieurs à l'inflation constatée en zone euro (3,2 % en mai 2026), ce qui signifie qu'un fonds euros « moyen » ne suffit plus, à lui seul, à préserver le pouvoir d'achat de l'épargne placée.
Des écarts qui vont du simple au double
La moyenne masque une réalité très disparate : certains contrats bancaires historiques servent un taux de base proche de 2,15 %, quand les fonds euros les plus dynamiques (souvent adossés à des unités de compte immobilières ou à des bonus de rendement conditionnés à une part d'UC) dépassent 4 %. Avant de juger votre contrat « décevant », comparez-le à des contrats équivalents plutôt qu'à la moyenne nationale, qui agrège des produits très hétérogènes.
| Type de fonds euros | Rendement net 2025 (indicatif) | Rendement projeté 2026 |
|---|---|---|
| Fonds euros bancaire « classique » | 2,1 % à 2,3 % | 2,0 % à 2,4 % |
| Fonds euros moyen (marché) | 2,63 % | 2,4 % à 2,9 % |
| Fonds euros dynamique (bonus UC) | 3,5 % à 4 %+ | 3,5 % à 4,5 % |
Pourquoi la collecte explose malgré un rendement modeste
Depuis le début de l'année, les cotisations sur les contrats d'assurance vie ont atteint 88,5 milliards d'euros, en hausse de 10 % par rapport aux cinq premiers mois de 2025 : +11 % sur les unités de compte, +9 % sur le fonds euros. En mai 2026, après le trou d'air observé en avril sur les UC, les épargnants ont reversé 65,29 % de leurs nouveaux versements sur les fonds euros, preuve d'un retour marqué vers la sécurité. Le rendement seul n'explique donc pas cet engouement : la garantie en capital, la fiscalité successorale avantageuse et la stabilité du produit restent des arguments décisifs, en particulier depuis que la CSG à 10,6 % épargne explicitement l'assurance vie (elle reste au taux de 9,2 %), contrairement au PEA, au CTO, au PER ou aux plus-values crypto.
Simuler concrètement votre épargne
À 2,6 % net par an, 10 000 € placés aujourd'hui deviennent environ 12 890 € après 10 ans si le rendement reste stable, contre environ 11 610 € au taux du Livret A actuel (1,5 %). Utilisez notre simulateur d'intérêts composés pour projeter votre propre épargne sur la durée qui vous intéresse, en testant plusieurs hypothèses de rendement.
Faut-il tout miser sur le fonds euros en 2026 ?
Avec un rendement projeté qui reste sous l'inflation, le fonds euros seul ne suffit plus à faire fructifier une épargne de long terme : il reste pertinent pour la poche de sécurité, mais mérite d'être complété par des unités de compte (ETF actions notamment) pour les sommes que vous n'utiliserez pas avant plusieurs années. Pour aller plus loin sur la répartition entre PEA, assurance-vie et CTO selon votre horizon, notre article sur la fiscalité comparée 2026 détaille les arbitrages à connaître.
Article éditorial à visée informative, ne constitue pas un conseil en investissement. Sources : Auguste Patrimoine, Nalo, FranceTransactions, Meilleurtaux Placement.
Comment choisir (ou faire évoluer) son contrat
Trois leviers permettent d'améliorer le rendement réel de votre assurance vie sans changer de contrat : réduire les frais de gestion (certains contrats en ligne descendent sous 0,5 % contre 0,8-1 % pour les réseaux bancaires traditionnels), accepter une part minoritaire d'unités de compte pour capter les bonus de rendement du fonds euros, et vérifier la clause bénéficiaire pour ne pas perdre l'avantage successoral propre à l'assurance vie.